dimanche 3 juin 2012

Un jeudi soir sur la terre...

...à Penthalaz ou à Châteauneuf, je ne sais plus...

Deuxième édition de notre club de dégustation. Après un voyage envoûtant en Toscane organisé par Philippe, nous voici partis pour la Vallée du Rhône, et plus précisément Châteauneuf-du-Pape pour une verticale 2007 de cette appellation.

Cette dégusation représentait pour moi un certain fantasme. En effet, j'aime beaucoup les vins de cette région, mais n'en ai pas goûté tant que ça. C'était donc l'occasion d'acheter certaines bouteilles que je n'avais jamais goûtées afin de voir si mon penchant pour cette région se confirmait. Autant le dire tout de suite, la réponse est positive. Les Châteauneuf-du-Pape sont vraiment des styles de vin que j'apprécie, qui allient une certaine puisssance avec une complexité et une structure intéressante. Des vins de gastronomes, de connaisseurs lorsqu'ils atteignent un certain niveau. Pour ma part, je ne suis qu'un amateur, un amoureux des belles bouteilles, et celles-ci m'ont, dans l'ensemble, touché.


Châteauneuf-du-Pape se situe entre Orange et Avignon, sur la rive gauche du Rhône. L'appellation s'étend sur la quasi-totalité de la commune de Châteauneuf-du-Pape et sur quatre communes voisines, Bédarrides, Courthézon, Oranges et Sorgues, dans le Vaucluse. Le vignole couvre plus de 3'000 hectares et produit près de 100'000 hectolitres de vin chaque année, dont 93% de rouge.

C'est à Châteauneuf-du-Pape que prit corps, pour la première fois, la notion d'AOC qui verra le jour en France en 1935.

Cette AOC autorise 13 différents cépages dans la composition des vins. Il s'agit de la Grenache (R, majoritaire), Mourvèdre (R), Syrah (R), Cinsault (R), Muscardin (R), Counoise (R), Clairette (B), Bourboulenc (B), Roussanne (B), Picpoul (B), Picardan (B), Terret noir (R) et Vaccarèse (R).

L'année 2007 a connu l'été le plus sec depuis 1987. Les vendanges ont été très précoces mais le bilan climatique général a permis une vendange de qualité, saine, dotée de bons équilibres aromatiques et de belles couleurs.

Les vins ont été ouverts env. 10 avant la dégustation et conservés dans une cave à vin.


La mise en bouche s'est faite avec un Châteauneuf-du-pape blanc, Domaine de Beaurenard 2008. Philippe et moi avions eu la chance de boire ensemble la version rouge en millésime 2004. C'était une belle surprise et une vraie révélation. Le blanc est tout aussi intéressant. Une belle fraîcheur, sans la lourdeur ni le côté beurré ou mielé que l'on peut trouver parfois dans les blancs de la Vallée du Rhône. Des arômes de tilleuls, d'églantine, une longueur assez entêtante. Une belle entrée en matière (CHF 40.- chez BOLLE à Morges).


1. DOMAINE DU PEGAU, CUVEE RESERVEE
Le vin est composé de 75% de grenache, 20% de Syrah, 5% de Mourvèdre et 5% de divers autres cépages.
WS donne 95 pts à ce millésime.
CR BL: nez assez fruité, sur le cassis, avec des senteurs de violette et des relents métalliques qui remontent. En bouche, on découvre une grande finesse, une très belle longueur de violette, l'équilibre est parfait. Petit bémol : cela manque un peu de complexité. Il y a une très belle acidité, ce qui laisse présager que ce vin a un potentiel intéressant de vieillissement.


2. M. CHAPOUTIER - CROIX DE BOIS
100% Grenache. WS : 94 pts
CR BL: premier nez un peu fumé, assez discret, avec à nouveau des notes de métal. Puis, le nez s'ouvre sur les agrumes, le bois de santal. En bouche, la matière est superbe,c'est onctueux, il y a une belle puissance maîtrisée et une grande structure. Et quelle longueur ! On distingue une lègère amertume en finale. On retrouve les agrumes, notamment des pointes d'oranges sanguines. C'est un vin magnifique avec un grand potentiel de garde.


3. DOMAINE DU VIEUX TELEGRAPHE  - LA CRAU
Grenache noir 65%, Mourvèdre 15%, Syrah 15%, Cinsault, Clairette et divers 5%.
WS : 95 pts.
CR BL: le nez part sur le lard fumé, le pruneau et, encore et toujours, sur un métal, mais moins fin que précédemment. Le goût est plus explosif, mais c'est un peu un pétard mouillé : explosion de fruits qui disparaît aussi vite qu'elle est apparue. L'alcool est encore bien présent, la finale est assez courte. On y trouve des arômes de caramel, de barbe-à-papa. L'amertume en finale est un peu dérangeante. Le tout manque de complexité.
C'est une petite déception pour moi. Ce vin est régulièrement classé dans les 10 premiers dans le classement annuel de WS sur les 100 meilleurs vins de l'année. D'ailleurs, le millésime 2007 a été classé 3ème dans le top 100 2009 par WS. Parker avait donné 96 pts. Je me réjouissais de le goûter et je reste sur ma faim. L'alcool encore très présent peut laisser espérer une évolution intéressante ? On le saura dans quelques années.



4. CLOS DES PAPES
Grenache 65%, Mourvèdre 20%, Syrah 10% et Counoise, Muscardin, Vaccarèse 5%.
WS : 97 pts. Parker : 98 pts.
Le millésime 2005 a obtenu le titre de "meilleur vin du monde" en 2007. Le millésime 2007 est le premier millésime du domaine à porter l'étiquette"culture biologique".
CR BL: un nez de garrigue, de lavande, de grenade, assez expressif. C'est assez jouissif. En bouche, l'alcool est encore bien présent, mais c'est une vraie bombe. Il y a une grande élégance (presque du style bourguignon !), nous sommes sur des arômes de framboise. C'est le plus fin des vins bus jusqu'alors. La finale est légèrement torréffiée (café). Le vin est très bon à boire maintenant, mais l'alcool laisse présager un futur intéressant.


5. TARDIEU-LAURENT - CUVEE SPECIALE
100%  Grenache.
WS: 95 pts. Pour la RVF, c'est le plus grand vin produit par Michel Tardieu à ce jour.
CR BL: le premier nez exhale des senteurs d'herbe coupée, puis il évolue vers le sirop grenadine, la framboise, la fraise mûre, le bonbon. Avec le temps, il part même vers le cassis. Bref, c'est le vin le plus fruité bu jusqu'alors. En bouche, il y a une belle matière avec une petite amertume en finale. Nous sommes sur des fruits mûrs ainsi que sur du pamplemousse. La bouche est soyeuse, avec un alcool encore un peu présent. C'est un vin qui est déjà superbe à ce jour, mais qui demande à être regoûté dans quelques années.


6. CHÂTEAU DE BEAUCASTEL
Mourvèdre 30%, Grenache 30%, Syrah 10%, Muscardin 5%, Vaccarèse 5%, Cinsault 5% et 15% des sept autres cépages. C'est le vin qui a le pourcentage le plus bas de Grenache.
WS : 96 pts.
CR BL : le millésime 2001 est l'un des vins plus fantastiques que j'ai jamais bus dans ma vie. Ce vin est celui dont j'ai le plus de millésimes et le plus de bouteilles. J'étais donc curieux de voir comment il allait se comporter au mieux d'autres vins réputés. Pour dire vrai, il est un peu en-dessous de plusieurs de ses "concurrents". Le premir nez exhale des arômes de glace à la fraise/vanille (Coupe Romanoff comme bien dit par Philippe !), puis retour du métal que je retrouvais dans les premiers vins. Le deuxième nez laisse poindre des senteurs de grenadine. La bouche est quelque peu facile, manque de complexité. On retrouve une légère amertume en finale, cette dernière a une belle longueur. C'est un beau vin, excellent à boire, mais un peu facile. A-t-il besoin de plus d'années pour développer une certaine complexité ? Le 2001, et même le 2003 étaient nettement plus complexes. A voir dans quelques années....


7. DOMAINE DE LA JANASSE - CUVEE CHAUPIN
Grenache 10%.
WS : 94 pts.
CR BL: le premier nez est quelque peu désagréable, madéré, oxydé. On dirait un vin de paille, avec des arômes de noix, de poire. Avec un peu plus de temps dans le verre, un léger arôme de grenadine fait son apparition. Je me suis demandé dans un premier temps si le vin n'avait pas "tourné", car cela ne ressemble pas du tout à un Châteauneuf-du-Pape au nez. En bouche, l'alcool est assez présent. Nous retrouvons la noix en finale. La matière est bien présente, mais la structure est hésitante, le tout apparaît un peu déséquilibré. C'est une grosse déception tant cette "Cuvée Chaupin" est connue et reconnue. Je me faisais une joie de la goûter mais c'est le moins bon vin de la série. Encore une fois, est-ce vraiment un CNP ?


8. M. CHAPOUTIER - BARBE RAC
Grenache 100%.
WS : 96 pts.
CR BL: le premier vin de Chapoutier (Croix-de-Bois) m'avait enchanté, est-ce que celui-ci allait être de la même cuvée ? La réponse est un grand OUI ! Le premier nez est assez animal, puis il évolue sur le torréffié, le café, voire même le sang. En bouche, c'est une vraie bombe ! Quelle structure ! C'est super élégant, la super classe ! L'équilibre est parfait, avec une fantastique fraîcheur, même si encore un peu d'alcool. Pour moi, c'est le feu d'artifice, un final en apothéose pour cette dégustation. C'est mon vrai coup de coeur de la soirée. J'en veux encore ! Millesima vend le 2011 à CHF 66.-/bouteille. Mais j'aimerais bien trouver quelques anciens millésimes.


La soirée a été douce, belle, sonore, bruyante, pleine de fou-rires, de musique classique (merci Richard...), d'excès, d'amitié... de vie quoi ! Merci à vous tous ! Et je me réjouis de refaire cette même dégustation dans quelques années, j'ai encore une bouteille de chaque domaine en cave. Il sera intéressant de voir comment les vins auront évolué, lesquels vieilliront le mieux, si les avis de chacun seront les mêmes. Ce sera une autre dégustation, une autre soirée, une autre histoire.

Mais avant cela, direction Morges pour le 3ème épisode de notre aventure, avec comme Guide sur la Route du Vin, Fab ! Il y aura quand même un point positif  à la fin de l'été ! Et j'espère que Fab aura retrouvé son odorat.

Phil
AlainVD
AlainVS
PYL
Fab
Bertrand
Pégau




8
5
Croix-de-Bois




8
2
Télégraphe




8
7
Clos des Papes




8
4
Tardieu




8
3
Beaucastel




8
6
Janasse




8
8
Barbe Rac




8
1

dimanche 15 avril 2012

In Vino Veritas I/1 - Compte-rendus

Le 16 février dernier, la première soirée de notre "club de dégustation" s'est déroulée sous l'experte, passionnante et passionnée égide de Philippe. En attendant son article, voici les commentaires sur les vins dégustés dans l'ordre dans lequel ils nous ont été présentés :

LAMAIONE 1996:
CR BL : nez un peu éthéré, arômes de framboise, grenadine, avec un certaine subtilité, finesse, douceur. Après un moment, le nez évolue vers le cassis, mais en conservant une framboise bien présente. En bouche, il y a une petite amertume, cela manque un peu de longueur; la finale est métallique. Le tout conserve une belle finesse. Note : 16/20.

MORMORETO 1996
CR BL : le nez présente un fruit plus mûr, avec des relents de poivron; il évolue vers le cassis, le thé noir. Une fois le verre vidé, on trouve des arômes de foin coupé. En bouche, nous trouvons du cuir, la finale est un peu médicamenteuse. Il y a une belle vigueur, du fruit et des senteurs de massepain. Le tout présente une magnifique élégance avec une belle matière. Note : 18/20.

MONTESODI 1996
CR BL : le premier nez est un peu repoussant, avec des senteurs d'aromat et un fort côté métallique. Au bout d'un moment, le fruit apparaît, avec des pointes de cuir. En bouche, la première attaque est sur le chou, mais la final est plutôt longue. A l'air sur la pente descendante. Note : 12/20.

MORMORETO 1997
CR BL : le nez rappelle un peu le "maggi", avec un côté un peu aqueux; puis un fruit très mûr pointe le bout de son nez, avec des relents de choux, d'aromat. En bouche, c'est très mentholé; on retrouve le poivron, des goûts de fromage (pecorino), de foin coupé. Note : 14/20.

LAMAIONE 1997
CR BL : le premier nez fait penser à un pétard chinois, au "pets" !!! C'est englobant. Puis, le deuxième nez laisse apparaître des fruits noirs, du caramel, une grande finesse. En bouche, il y a une grande fraîcheur. On part plutôt sur des fruits rouges, avec un peu d'alcool résiduel en finale qui est un peu courte. Note : 17/20.

LUCE 1995
CR BL : premier nez de thé noir, poivrons, un peu de lard fumé. C'est légèrement soufré avec un peu d'alcool qui remonte. En bouche, la finale est très vanillée avec des pointes de café; cela manque de complexité, l'alcool est un peu dérangeant, l'acidité trop présente. Note : 14/20.

SASSICAIA 1988
CR BL : le premier nez est légèrement soufré, mais cela évolue rapidement sur le café, le cuir, le poivron. C'est aspirant, on devine une énorme structure. En bouche, quelle finesse ! L'acidité est bien équilibrée et quelle structure ! Une longueur infinie, une incroyable fraîcheur pour un 1985, une finale serrée un peu métallique. Un vin fantastique, le premier Sassicaia qui me fait cet effet. Note : 19/20.

MASSETO 2008
CR BL : le nez est sur la vanille, le sang, un peu pute. En bouche, quelle profondeur ! On y décèle des arômes de pâte d'amande, de vanille, de thé noir. Il y a une matière incroyable, c'est riche. La finale est encore bien alcoolisée et la vanille un peu trop présente. Cela nous fait presque penser à de l'Amarone. On devine un potentiel de folie et il faudrait le regoûter dans 15 ans ! Pour le potentiel et la claque, note : 19.5/20.

Merci beaucoup à Philippe pour cette magnifique soirée et ces belles découvertes. Et vivement la suivante !

samedi 18 février 2012

In Vino Veritas - Saison I/1

Classement des vins dégustés lors de "L'In Vino Veritas" I/1 :


Philippe
Alain VD
Fabien
Pierre-Yves
Alain VS
Bertrand
Lamaione 1996
3

4


5
Mormoreto 1996
5

5


3
Montesodi 1996
7

7


8
Mormoreto 1997
4

6


7
Lamaione 1997
2

3


4
Luce 1995
6

8


6
Sassicaia 1988
1

1


2
Masseto 2008
8

2


1

jeudi 22 décembre 2011

BREF, je me suis fais plaisir


Bref, je me suis fait plaisir....

hier soir, ma femme m'a dit...j'ai soif! Cela tombait bien, c'était le début des vacances et j'avais aussi soif. Comme elle n'a rien bu (d'alcoolisé) depuis plus de 12 mois (c'est comme cela que ma fille Lauren ne louche pas...), j'en ai profité pour sortir un truc hors du commun...bref, j'ai été à la cave, j'ai été dans le coin "bouteille top", et j'ai sorti ma bouteille d'ABSTRACT 2009 de chez Orin Swift Cellar, Californie. Assemblage de Grenache, Petite Syrah et Syrah.

Je l'a débouche, je laisse aérer le contenu...bref, je patiente un peu, mais pas trop je contemple la magnifique couleur cassis et hop je siffle...et bien je peux dire que j'en reprendrai. J'ai réussi à retrouver une amorce magnifique de raisins secs et de chocolat. Le final est splendide est il dure, dure, dure,...ma femme m'a dit il est soyeux...bref, elle a raison. Seule ombre au tableau, il tire quand même à 15,7% et peut faire somnoler...

Bref, nous nous sommes fait plaisir! et les vacances de fin d'année commencent à merveille

mardi 22 novembre 2011

WINE SPECTATOR'S 2011 TOP 100

Messieurs,

Voici le classement des 100 vins préférés de Wine Spectactor en 2011. Nous retrouvons certaines connaissances :

- N° 7 : Quinta do Vallado 2008
- N° 35 : Two Hands Bellas Garden 2009
- N° 47 : Hecht et Bannier, Côtes du Roussillon-Villages 2008
- N° 58 : Catena Malbec 2009 (le petit !)
- N° 99 : Château Ste-Eulalie Minervois La Livinière 2008 (on le trouve chez DIVO)

et tous ceux que Philippe (et vous autres) connaissez bien mieux que moi.

La meilleure note est le N° 50, "Les Pavots", Peter Michael, Knights Valley 2008 (98 WS).


Bonne journée.

lundi 21 novembre 2011

Lundi soir, la semaine commence...




Envie d'une bonne bouteille ce soir, ça arrive aussi le lundi...et comme il faut parfois céder à ses envies...
Tout en buvant, je me dis que je peux tout aussi bien faire un petit article, pour partager, dont acte.
Je détirebouchonne un vin connu, Ilatraia 2003, le vin de la Tenuta Brancaia in Maremma, Toscane bord de mer, et je ne suis pas déçu...très bien noté à l'époque l'assemblage de 60% Cabernet Sauvignon, 30% Sangiovese et 10% Petit Verdot a bien mûri. Parce qu'il est loin d'être vieux ! si j'ai déjà eu des bouteilles en deçà, là il est au top de sa forme: nez très profond de fruits noirs, pruneaux, cassis, myrtilles. Réglisse, goudron, fumé finissent de parachever ce tableau plutôt on the dark side...on en sort envoûté, enivrer, mais on replonge dedans à la recherche de son âme damnée.
En bouche, il explose de matière, de puissance maîtrisée. Il n'en fait pas trop, donne beaucoup, toujours sur les mêmes notes, très complexe, avec une belle amertume finale, peu d'acidité, du chocolat noir, de la réglisse, des épices, du poivre, du thé noir, le tout enrobé dans des fruits mûrs à point...Millésime chaud, mais 13,50%, et beaucoup d'équilibre. Et la finale, avec des tannins assez présents, un peu secs, mais fins et une longueur admirable. Miam !

Oenophil


Bref, j'ai testé la sélection de la mouette



Bref, ce samedi, la mouette (Möwen en allemand...) était rieuse. L'invitation lancée, impossible d'y résister. J'ai donc réussi à y faire un saut très rapide, malgré un emploi du temps chargé. Et ça en valait la peine.
Comme annoncé, les superstars étaient là. Je jette un coup d'oeil sur la sélection du mois, rien de nouveau, mais je me fais la bouche tout de même avec un Château-Neuf du domaine de la Présidente, 2009, donc chaud, riche, assez alcooleux, mais sympa. Grenache dominante. Encore très sur le fruit.
Pas question de se ramollir, je m'attaque aux Fantastic 4:
1) Tinto Pesquera Janus Gran Reserva 2003, Ribera del Duero: pour avoir récemment ouvert mon dernier simple Crianza 2003, superbe, j'en attendais beaucoup. Et comme toujours dans ces cas-là, déception. Nez très animal, sur le cuir, le tabac, presque pas de fruit. En bouche, plutôt mou, sans personnalité, re-animal, des très beaux tannins, mais court, très court...booof quoi. A ce prix surtout.
2) Vite, le suivant: sur conseil du jeune inconnu derrière le bar, je poursuis avec le Penfolds Grange Shiraz 2006, alors que je pensais le déguster en dernier, vu la récente expérience du 2005, dont mes papilles gardent un souvenir ému...Selon le Monsieur, c'est le plus fin des 4...
bon, voyons: c'est pas tout faux, rien à voir avec le 2005, le fruit est vaguement similaire, mais le 2006 est fluet en comparaison ! Très joli cela dit, avec ses arômes d'herbes, de torréfaction, de cassis, de framboise, de poivre. En bouche, élégant, assez raffiné, avec une acidité modérée et très tardive, venant réveiller la langue. Très long. Très beau. Très 425.-- quoi.
3) Je pars pour le Cab' californien, mais je suis interrompu: on me conseille d'abord l'Ornellaia. J'aurais du dire non, mais bon. Ornellaia 2008 donc, assemblage "classique" bordelais, ultra précis dans les %: cabernet sauvignon 54%, 27% de Merlot, 16% de Cabernet Franc et 3% de Petit Verdot. "On" m'assure que c'est le Petit Verdot qui change tout. Faut pas déconner non plus, 3%, c'est 3%. Bon. C'est quand même pour lui que je suis venu surtout, un de mes vins préférés, sur un grand millésime dans la région de Bolgheri. Des notations flirtant avec les 3 chiffres. Couleur très foncées, confirmée par le nez, très "noir": myrtille, cassis, réglisse, une pointe de vanille. On pense tout de suite à Bordeaux. En bouche, c'est encore très jeune, mais on retrouve les mêmes fruits, la réglisse, la vanille. Mais quelle classe ! Dommage que j'aie un verre pourri, on sent tellement d'équilibre, de finesse sous une colonne vértébrale de tannins très doux, très fins. Chaque centimètre du palais est recouvert d'un voile merveilleux. Encore, encore ! Quelle profondeur de fruit, quelle longueur. J'adore.
4) C'est donc assez mal parti pour le petit dernier, le moins cher en fait: 88.--. Ce qui n'est pas rien tout de même, relativisons. Surtout si on sait qu'il a un grand frère "culte" qui vaut le double, mais introuvable. Donc, nez sur les herbes sèches, le café, la prune. Très mûr. En bouche, on retrouve la prune, le pruneaux, le côté un peu "Ouest sauvage", et une très jolie finale sur du café, du chocolat au lait. Souvenir de barrique, mais j'aime. Il a un côté "américain qui s'assume" qui me plaît. On oublie l'élégance et la finesse, mais il se défend bien le bougre. C'est bien fait, c'est plaisant, ça procure du plaisir. What else ? Le carton au prix de la bouteille ! Non quand même pas...

Merci la mouette !

Oenophil


samedi 19 novembre 2011

Premier article

Voilà, voilà...

Donc 1er article. Le style est différent, je n'ai pas l'habitude de faire des dégustations sans la partie consistante. J'aime cet équilibre entre le liquide et le solide... cet article fait suite à un repas organisé aujourd'hui avec un couple d'amis.
Le menu est inédit, le programme de vins éclectique. Il faut dire que ce matin encore je ne m'étais pas posé la question de ce que j'allais servir, seul le vin de l'entrée était chois, un Jurançon, "Domain du Cinquau, cuvé Marguerite 2000". Je n'aime pas spécialement les surmaturés, mais ce Jurançon est parfaitement équilibré après 10-11 ans d'âge. Autant les premières année il fait penser à un verre d'eau avec du sucre, autant là il apparaît bien gras, rond, pas trop sucré, parfait.
Le menu donc (je m'étais promis de faire des photos des assiettes et... on sait comment ça se passe. l'alcool aidant et la convivialité fait son effet on oublie...) :
Apéro : que du chenit, des trucs que les enfants aiment ( ça c'est l'excuse des adultes pour manger des chips et des flûtes au beurre)
Entrée : Croûtons de foie gras aux figues fraîches et petite escalope de saumon poêlée
Plât principal : Mini-tâtins au magret de canard et purée de courge
Dessert : glace vanille et coulis de fruit rouge (un classique)
... et finalement, vu le taux élevé d’alcoolémie, musique nineties !! (What is love ?)

Donc au niveau des vins, je serais bref, j'ai pas pris de note, ça se fait pas lorsque l'on reçoit des invités et j'ai plus la force de réfléchir :

A l'apéro : un vin jamais testé
Un sauvignon du pays du val de Loire, 2009, intitulé Mmmm... Mis en bouteille par Fournier père & fils (sûrement des Valaisans pour faire un vin blanc de telle qualité en France ;-) ), frais, fruité, bien présent en bouche, un vin parfait pour l'apéro. Une découverte à mini-prix qu'il faudra goûter à nouveau dans dans conditions plus adéquates.












Vient ensuite l'entrée, avec le Jurançon. Je suis fan de la cuvé Marguerite du domaine du Cinquau. C'est un 2000.
(Bertrand en a gouté une l'année passée, il pourra donner son avis sur la question). Comme mentionné plus haut, c'est un vin qui en prime jeunesse est très sucré. Lorsqu'on à la patience de le laisser en cave, il sait donner après ces années sa véritable valeur. Il est moelleux, long en bouche, des notes de miel, d'ananas viennent accommoder le tout. Il est parfaitement en accord avec le foie gras, les figues et le saumon cuit, il ne tombe plus dans l'excès de sucre, il est nickel. Je ne peux que me réjouir d'en posséder encore 1 ou 2 bouteilles en cave. Il semble toutefois opportun de ne pas attendre trop avant de les ouvrir, notamment en raison du bouchon qui commençe à être attaqué.







Ensuite le plat principal. Le matin même je n'avais toujours pas décidé quel vin j'allais ouvrir et puis finalement le goût du risque prend le dessus. J'ai 35 ans mardi... je vais nous faire plaisir. Je me décide pour ma plus vieille bouteille en cave. Un Château Gazin 1970 :


















Les invités arrivent à 11h30, le plat principal sera servi vers 13h00. Je remonte cette bouteille à 10h30, je l'ouvre, me sers un fond de verre pour tester (la belle "excuse"). Je suis un peu sur la retenue, le risque qu'elle ait "tourné" est assez grand.
Et là... impressionnant, le fond de verre est vif, jeune, hormis la couleur, claire, tuilée, il semble provenir d'un vin des années 2005-2010, il donne une impression de cours en bouche, mais on sent réellement le potentiel derrière. Je suis heureux. Je décide de ne pas le passer en carafe, je le laisse en bouteille et en profite pour ouvrir également une deuxième bouteille pour le plat principal. Bouteille que je nommerais plus loin.

Quand viens (la fin de l'été sur la plageuuu...) le temps de servir le Gazin, c'est un peu le stress, j'annonce que c'est un vin qui date mais qui m'a surpris. Mon invité avant de la goûter me demande si c'est un 93, il m'avoue avoir eu plusieurs expériences heureuse pour un millésime décrié, je me dois de l'informer que non, il est un peu plus ancien....

Le vin est couleur tuile, il apparaît clairement comme un vin ancien, à l'odeur, alors qu'il avait des effluves de fraise à l'ouverture, il est plus sur du chocolat, du mokka. En bouche il surprend par sa jeunesse, il est vif, alerte, avec un bonne longueur et en plus des qualités précitées, un goût de sous-bois (ce qui fait douter une convive : "T'as déjà goûté un sous-bois", ouais durant ma jeunesse je léchais de la mousse en forêt...), cet indescriptible (pour moi) goût de vieux Bordeaux dans toute sa splendeur, j'aime. Je dois avouer que j'étais sceptique sur ce vin... Mea culpa.

Et là, la poisse, les convives ont encore soif, je me dois de leur apporter de quoi se sustenter. Nous continuons sur du Bordeaux et je sers un Château Giscours 2000 (c'est la dernière photo individuelle, après c'est... compliqué) :

J'ai pas un grand talent pour décrire les vins, je suis assez binaires, du genre valaisan ("ouais ben tu vois là c'est bon" ou "Dedjeu c'est quoi c't'histoire qu'tu nous sers ? c'est du vaudois ?) pas par choix, mais parce que je n'ai jamais appris à mettre des mots sur ces sensation. Donc pour moi ce vin est la quintessence du Margaux. tout en finesse, minéral, profond, vu son "jeune" âge il est encore foncièrement "épais" à la vue, couleur cassis, il ne ressemble de ce point de vue en rien au Gazin (forcément et encore heureux). Une joie de boire un tel vin.








Et puis ensuite tout s'enchaîne, on est bien, il est 16h00, les enfants s'amusent dehors, je descend à la cave pour prendre une bouteille supplémentaire. Je change complètement de registre. Ce sera une Côte Rotie 1999, domaine Burgaud, excellent, puis un Châteauneuf du Pape 1998, Domaine Font de Michelle, cuvée Etienne Gonnet, super mais il ne faut plus traîner pour le boire, puis enfin un Vosne-Romanée 1999 des Partiarches. J'évite le commentaire, il était bon, mais... le contexte, la danse, la musique, etc...

















Nous finissons donc sept bouteilles à quatre. Et comme le vin est pour moi source de convivialité, nous retombons, après la Côte Rotie dans nos délire de sortie du début-milieu des années 90 et j'en profite pour remonter, en même temps que les bouteille, ma caisse de vieux CD et cette magnifique journée permet une écoute passionnée de classique, les Haddaway "What is love", Indochine "l'aventurier" "3 nuits par semaine", Gala "free from desire", et autre soupe dance de l'époque nous transcende et nous casse la voix. A 22h00 les enfants nous sortent de notre délire et il est temps de boucler la soirée et de mettre au lit la relève. Que de vins ils pourront apprécier...

Une fois de plus plus, bon vin rime avec amitié... Un pur bonheur.

(je complèterais peut-être les commentaires de dégustation, après avoir servi un aspegic à Madame...)

vendredi 18 novembre 2011

Dégustation du domaine JOSMEYER

Un jeudi soir brumeux, des coeurs encore ennivrés par les fabuleux Bourgogne blancs dégustés deux jours plus tôt (dégustation Gazzar au Lausanne Palace), et une interrogation planante : est-ce qu'une dégustation de vins blancs uniquement donne mal à la tête ? C'est dans cet état d'esprit que Philippe, accompagné de sa douce, et moi-même nous sommes rendus à la dégustation des vins alsaciens du domaine Josmeyer, dans les locaux de DIVO à Penthalaz. Sébastian était également de la partie, lui qui est un aficionado de DIVO.

Une trentaine de passionnés étaient présents (nous avons quelque peu fait chuter la moyenne d'âge !), tous suspendus aux lèvres de la ravissante Isabelle Meyer, propriétaire et oenologue du domaine Josmeyer.

Quelques mots tout d'abord sur le domaine, situé dans la bourgade de Witzenheim, proche de Colmar. Cette entreprise familiale débute en 1854 par Aloyse Meyer qui créé un négoce de vins pour mettre en valeur les vins issus des meilleurs terroirs locaux et plus spécialement ceux du HENGST et du BRAND, aujourd'hui reconnus comme GRANDS CRUS. Lui succèdent Joseph, Hubert, Jean, puis Céline et Isabelle. Le nom de Josmeyer date de 1963 et reprend les premières lettres de Joseph ajoutées à Meyer.

Dès 1949, les vins sont exportés, notamment en Belgique, en Angleterre et en Suisse. En 2000, l'ensemble du vignoble est converti en culture biologique et biodynamique (certifié depuis 2004 avec le logo AB). Celui-ci compte aujourd'hui 25.7 hectares (29% Riesling, 26% Pinot Blanc & Auxerrois, 18% Pinot GriS, 17% Gewurtzraminer et 10% pour les Sylvaner, Muscat & Pinot Noir).

Le vin est élevé dans le bois, en foudres centenaires et est non filtré. Il se purifie et se transcendeau contact des lies fines, base spirituelle de la race et de la noblesse des vins du domaine.

Ces vins sont régulièrement mis en avant par les dégustateurs spécialisés. Ainsi, Wine Spectator a accordé 93 pts au Riesling Grand Cru Brand 2008 et au Riesling Grand Cru Hengst Samain 2008. Il a même accordé 94 pts au Pinot Gris Grand Cru Brand 2008.

La dégustation est assise, et les vins sont servis par paire afin de pouvoir les comparer entre eux. Chaque vin est commenté par Isabelle Meyer qui est une passionnée qui connaît bien son métier. Des fiches de dégustation sont à disposition et de l'eau et du pain sont déposés sur les tables. Les conditions sont idéales pour découvrir ces douze vins d'Alsace.

"A NOIR" 2007
Ce vin est composé à 60% de Pinot Auxerrois et à 40% de Pinot Noir vinifié en blanc. Le nom vient d'un poème d'Arthur Rimbaud intitulé "Voyelles" et qui commence par "A Noir...". Ce vin est issu d'une récolte précoce (début septembre) et 2007 est le premier millésime.
CR BL : le premier nez est assez discret, un peu léger. Puis il s'ouvre un peu sur des arômes de fruits blancs. La bouche est encore plus discrète. Il y a cependant une belle acidité qui vient du Pinot Noir, car le Pinot Auxerrois présente en général une acidité assez faible. Le tout manque un peu de structure, de complexité. Ce n'est pas un grand vin, mais qui se laisse boire.

"PINOT AUXERROIS "H" VIEILLES VIGNES", 2010 (100% Pinot Auxerrois)
Le H est la première lettre de HENGST. Les vignes sont plantées sur le terroir du Grand Cru HENGST, mais il ne peut être considéré comme Grand Cru car, en Alsace, seuls les 4 cépages nobles (Gewurtzraminer, Riesling, Pinot Gris et Muscat) peuvent prétendre au titre de Grand Cru. Les vignes ont plus de 60 ans.
CR BL : la couleur est assez pâle, presque vert. Le premier nez sent un peu la terre, il est assez fermé. Puis, il évolue sur une sorte de poivron vert, presque sucré ! Je sais, c'est un peu bizarre, mais c'est l'image qui m'est venue immédiatement : du poivron et une lègère sucrosité. Au bout de 5-10 minutes, le nez change et le fruit ressort enfin un peu (mandarine). En bouche, il y a pas mal d'acidité (ce qui semble fréquent dans le millésime 2010). Il y a beaucoup de matière, mais le fruit reste assez discret (jeune). Le vin est assez austère, pas très flatteur, pas rond du tout. Il est assez "serré". La finale est métallique. J'avoue que je ne suis pas fan de ce vin. Et je suis bien incapable d'identifier un quelconque potientiel futur !

"RIESLING LES PIERRETS", 2007
CR BL: le Riesling est déjà plus ma tasse de thé. Le premier nez fait penser à de l'huile de moteur. Il est vif, il y a une belle fraîcheur et, surtout, beaucoup moins d'acidité au nez. Après quelques minutes, le fruit perce (agrumes, oranges). Et, quelques minutes encore après, il se referme ! Ce vin est primesautier ! En bouche, on a un vin bien sec (marque de fabrique des vins Josmeyer qui n'aiment pas les vins trop lourds, avec trop de sucre). Le vin a de la relance, une attaque qui ne vous lâche pas. On trouve des arômes proches du Rivella Bleu ! Puis il évolue sur la vanille douce. Le vin est englobant, il patine le palais : c'est beau ! Il y a une superbe minéralité (pierre à fusil) et une longueur qui vous hante longtemps après que le vin a quitté notre palais. Selon Isabelle Meyer, ce vin peut continuer à évoluer sur plus de 10 ans. L'un de mes coups de coeur de la soirée.

"RIESLING GRAND CRU BRAND" 2008
Comme mentionné plus haut, ce vin a reçu 93 pts de Wine Spectator.
CR BL : le premier nez dégage une infinie douceur, une caresse pour le nez sans que cela ne soit sucré. On y trouve des arômes d'amandes. Puis, le fruit exotique apparaît (litchi). En bouche, quelle matière pour un blanc ! Une structure parfaite, un très bel équilibre, une longueur sans fin. Petit bémol : il y a encore une certaine acidité trop présente à mon goût. C'est un très beau vin, mais qu'il faut laisser dormir quelques années encore.

"RIESLING GRAND CRU HENGST SAMAIN" 2007
CR BL : un premier nez un peu réservé, mais avec une acidité assez présente. Le fruit est un peu étheré, le tout semble un peu vert. Puis, le gouffre s'ouvre ! Le vin devient profond, il nous aspire. On y décèle des arômes de mie de pain, légèrement citronné. En bouche, l'acidité est bien (trop ?) présente. On y sent des notes d'armoires de grand-mère en finale. On y trouve également des épices (cumin). La finale laisse une légère amertume qui me dérange un peu.

"RIESLING GRAND CRU HENGST SAMAIN" 2000
CR BL : c'est le même vin qu'avant, mais sur un millésime plus ancien. La comparaison est très intéressante. Le premier nez est surprenant : on y sent des notes de pétrole, d'huile de vidange, presque du plastique. C'est très englobant, très dense, on a l'impression que c'est "épais". En bouche, le côté "huilé" est toujours présent, mais plus discret. Un peu de sucrosité apparaît. Il y a une patine incroyable, c'est très soyeux. La matière est crémeuse ! On y sent des arômes de pêche jaune, de sureau au bout d'un moment. Et encore une fois : quelle longueur ! Ca ne s'arrête jamais ! L'équilibre est juste parfait. C'est un très grand vin. Selon Isabelle Meyer, il ne faut pas s'attendre à ce que le 2007 évolue de la même manière. Dommage...

"PINOT GRIS FONDATION" 2008
A la base, le pinot gris alsacien s'appelait Tokay pinot gris. Mais, la Hongrie a protégé le terme et personne n'a plus le droit de l'utiliser à part eux.
CR BL: le nez exhale des odeurs de pomme verte, de pêche melba. C'est un peu citronné avec une légère acidité. La bouche est assez austère, droite. C'est très sec. Il y a une belle fraîcheur, un bel équilibre. L'acidité est ici bien intégrée. La finale est un peu métallique, mais courte. L'ensemble me semble un peu plat et ne me convainct pas.

"PINOT GRIS GRAND HENGST" 2007
CR BL : le nez est très expressif, sucré, on y trouve des arômes de sugus orange, de pêche. Il y a une belle douceur qui nous attire au fond du verre. La bouche est douce tout en ayant une belle fraîcheur. On y a retrouve les arômes d'agrumes, même de pommes farineuses. Cela évolue presque sur des senteurs de garrigue ! Il y a une grande densité, une belle charpente. C'est un magnifique équilibre entre le sucre et l'alcool. La finale est assez longue, un peu métallique. Très beau vin !

"GEWURTZRAMINER HERRENWEG" 2009
CR BL : je ne suis pas un inconditionnel du Gewurtzraminer, mais les deux dégustés (celui-ci et le suivant) sont des petits bijoux. Des notes magnifiques de pomme verte, assez sucré mais vif, des senteurs de glycine, de rose avec une pointe de thym. Superbe ! Le deuxième nez est un peu beurré. En bouche, c'est légèrement gras, huileux, on y trouve de la poire bien mûre et cette note dure jusqu'en finale qui est peut-être un tout petit peu courte. Ce qui est surprenant, c'est que l'équilibre est un peu instable et que c'est justement cela qui rend le vin intéressant. C'est très élégant. Un must à CHF 22.20 !!!! Meilleur rapport qualité/prix de la soirée. Il m'en faut !

"GEWURTZRAMINER GRAND CRU HENGST" 2007
CR BL : le nez est explosif avec des arômes d'agrumes, d'oranges, avec des relents floraux (rose). Le nez évolue sur le minéral. C'est fou : du fruit, du floral, du minéral. En bouche, c'est légèrement sucré, mais pas trop. Il y a une belle matière. C'est plus fruité que le Herrenweg, plus profond aussi. Le vin est bien charpenté, très expressif. On trouve au bout d'un moment des senteurs d'épices, notamment de la girofle en finale. Il y a une très grande complexité. C'est le vin le plus complexe dégusté dans la soirée. Le vin évolue sans cesse : on a l'impression d'ouvrir des poupées russes. Seul petit bémol : c'est légèrement lourd, si bien qu'on n'en boirait pas plus de deux verres. Mais, ces deux verres, on les savoure !

"PINOT GRIS GRAND CRU BRAND, VENDANGE TARDIVE", 202
CR BL : la robe est étonnamment pâle pour une vendange tardive. On a un nez sucré sur la pomme, une réminiscence du Rivella bleu. En bouche, c'est de la poire à botzi (pour les Fribourgeois), du sirop de pêche. La structure est élégante, il y a une belle longueur, mais cela manque un petit peu de complexité. C'est un vin bien droit, bien équilibré, avec une belle acidité, mais "il ne fait pas beaucoup voyager".

"GEWURTZRAMINER VENDANGE TARDIVE" 2006
CR BL : la couleur est bien dorée, le nez est explosif sur la pomme trop mûre, le cidre. La bouche est très complexe, onctueuse. La sucrosité est bien présente, mais pas dérangeante. Le vin n'est pas écoeurant. La bouche est fidèle au nez, l'acidité est parfaitement intégrée. Il y a une belle longueur ennivrante. Arômes de pêches confites, d'abricots secs. Pas mal du tout. Qui a un fondant au chocolat sous la main ?

CONCLUSIONS
C'était une très belle dégustation. L'organisation était parfaite, l'oratrice très intéressante et la qualité générale des vins de ce domaine est au-dessus de la moyenne des vins d'Alsace que j'ai pu goûter. C'est bien travaillé, cela ne tombe jamais dans la facilité, le terroir est bien mis en évidence : de la belle ouvrage. Mais, ce n'est pas donné ! La qualité se paie !

La soirée s'est terminée avec une agape (pains surprises, vins du domaine) et dans la bonne humeur. DIVO devrait organiser plus souvent ce genre de dégustations. C'est intéressant, instructif et... c'est à côté de chez moi !! Que demande le peuple ! Vivement la prochaine !

PS
Ah, à propos, Philippe avait raison : une dégustation de vins blancs, ça ne donne pas du tout mal à la tête et c'est même nettement plus digeste. On est sortis comme des princes et aucun nain n'a eu l'impertinence de venir me secouer ce matin au réveil !